Un herbivore ingère toujours plus ou moins d'œufs de
parasites qui se développent ensuite dans son corps, s'y multiplient,
ressortent, et ainsi de suite. Une certaine quantité de parasites
internes (vers divers) est tolérable. Selon les vers présents et leur
quantité, l'animal maigrit, est fatigué, tousse, se gratte... Un fort
parasitisme peut créer des troubles mortels.
Animal parasité fatigué = sensible à "tout ce qui
"traîne", en particulier aux parasites externes (gales, teignes, etc.)
Les principaux vers sont les oestres (gastropodes,
dans l'estomac ), les strongles (intestin, artères), les ascaris (foie,
poumons) et les oxyures (intestin)
Les équidés sont susceptibles d'abriter des ténias,
mais c'est très rare en France et en tous cas peu grave.
Deux attitudes à tenir, limiter au maximum
l'ingestion d'œufs et déparasiter l'animal :
Maintenir les animaux dans des pacages propres. Un pacage se
"nettoie" environ sur 6 mois, grand froid et sécheresse aident bien,
mais on peut aussi utiliser des traitements agricoles. Éviter le
surpâturage et la sur densité animale. Maintenir une bonne hygiène des
locaux. Vermifuger les animaux avant de les mettre dans un nouveau
pacage. Brûler le fumier dans les 2-3 jours qui suivent la
vermification.
Déparasiter les animaux qui en ont besoin : vermifuges du commerce
pour équins, adapter la dose. Attention aux futures "mamans". Alterner
les produits actifs d'une vermification à l'autre. Isoler les animaux
traités pour récupérer leurs excréments.
Attention : un vermifuge est toujours un poison.
Avec des pacages propres et des animaux sains (peu
infestés), on n'a presque plus besoin de vermifuger.
Sur une petite surface où on ne pratique pas de
rotation, et avec beaucoup d'animaux, en particulier des "nouveaux" dont
on ne sait pas quel est le niveau d'infestation, il faut vermifuger 2
fois par an (automne et printemps) et parfois même 2 x 2 fois à 21 jours
d'intervalle.
Pour les ânons, il faut avant tout veiller à l'état
de la mère, et à la propreté des prés où elle va materner quelques mois,
car certains parasites sont transmis par le lait. Les bébés sont
particulièrement sensibles aux ascaris. Déparasiter trop jeune ou trop,
annihile les capacités "d'autodéfense" de l'animal, et oblige à
déparasiter de plus en plus souvent. Cela coûte cher et fatigue
l'animal.
Être prudent et attentif à l'état général du
troupeau, et à chaque âne en particulier.
Daniel Conan, élevage
Cotent'âne, carnet de stage (formation d'ânier 1997 à l'Ânerie
F46090).