Si la surface du pré comporte plus de 70% de
bonnes plantes, aucune intervention spécifique ne s’impose. La
recette pour conserver les qualités alimentaires de la prairie pour
plusieurs années est simple : un temps de repos suffisamment long
entre chaque mise, un taux d'animaux à l’hectare raisonnable, et un
éventuel apport discret d’engrais NPK en fin d’hiver. Un rapport
plus faible, compris entre 30% et 70%, nécessite une réaction
vigoureuse de la part de l’exploitant : allongement des temps de
repousse, diminution du chargement en animaux, apport calculé
d'engrais NPK après analyse des plantes ou du sol, amendement
calcique pour rectifier l'acidité du support et destruction
sélective et raisonnée des mauvaises herbes.
Enfin, un rapport entre plantes de bonnes valeurs
alimentaires et les plantes adventices inférieur à 30%, ou un taux
de dégarnissage de la surface de plus de 20% rendent illusoires les
manoeuvres précédentes. Seul le recours à un sursemis, ou encore
plus drastiquement à une destruction totale de la pâture et à un
re-semis, ramènera le rendement alimentaire à un niveau acceptable.
Le sursemis
Le sursemis consiste à semer sur une prairie déjà
construite des végétaux alimentaires pour augmenter leur densité à
l'hectare et étouffer les plantes indésirables sous leur nombre. La
bonne période pour effectuer cette manoeuvre est l'automne, les
plantules résistant bien à l'hiver. Le sol est fragmenté
superficiellement à la herse, semé à la volée ou à la machine puis
roulé pour appuyer la graine sur la surface de pousse et l'enfouir
partiellement.
La présence des autres plantes gêne la bonne
implantation des semences, c'est pourquoi il est nécessaire de
majorer la quantité de graines à l'hectare lors de sursemis. Par
exemple, il faut compter 30 à 35 Kg par hectare de graminées pour un
sursemis au lieu de 20 à 25 Kg pour un semis simple. Un autre
inconvénient de cette méthode est un ralentissement de la croissance
de la végétation en place, aussi bien des mauvaises herbes que des
bonnes. Il faut donc s'attendre à une perte de rendement la première
année.
Le re-semis
Quand la situation est vraiment mauvaise, que la
qualité du pâturage est réellement dégradée, il est préférable de
repartir à zéro et de reconstruire totalement la prairie plutôt que
de perdre son temps et son argent dans des efforts de fertilisation
et d'amendement voués à l'échec.
En automne, après des pluies suffisantes pour
avoir initié une repousse et après un temps de repos d'au moins 20
jours, la végétation est entièrement détruite par application d'un
désherbant total pas trop nocif pour l'environnement (s'il en
existe !), de type glyphosate ou aminotriazole. Il est indispensable
que le traitement se fasse par temps sec : la survenue inopinée
d'une pluie dans les premières heures diminuerait l'efficacité et
augmenterait la pollution par lessivage. Il est également nécessaire
d'agir sur des plantes en croissance. Pour cela, la température doit
être supérieure à 10°C.
Pendant tout l'hiver, les végétaux morts vont se
décomposer et sous l'action des vers de terre et des bactéries, le
sol va s'enrichir de ces apports azotés. C’est au printemps que le
sol va être travaillé. Le labourage n'est pas nécessaire, même
plutôt néfaste car il rend le sol trop meuble et incapable de
supporter le poids des animaux. L’usage du rotavator est bien
préférable car son action est plus superficielle. Le sol est ainsi
travaillé sur une profondeur de 5 à 10 cm puis laissé au repos 8
jours. Le semis est alors effectué sur une terre ni trop sèche, ni
détrempée, et doit être suivi d'un roulage. La phase de levée qui
suit est un passage difficile car les plantules sont parfois
sujettes à des attaques sévères de la part des limaces et des
tipules (larves des fameux « cousins » qui nous rendent visite en
automne). Il faut parfois recourir à un traitement chimique contre
ces parasites. Dix semaines après la levée, les chevaux sont mis à
pâturer quelques heures par jour pendant quelques jours pour éviter
que la pousse ne se fasse trop en hauteur et favoriser le tallage
des tiges. Mais le début de l'exploitation ne pourra se faire au
mieux que quatre mois après le semis.
Le choix des espèces utilisées en semis se fait
en fonction de l'adaptation de celles-ci au climat et au sol de la
région. Il est habituel d'utiliser un mélange de graminées et de
légumineuses. Les premières sont bien sûr prépondérantes : les
Ray-grass, d'excellente valeur alimentaire, sont souvent préconisés
mais ils sont finalement assez peu appréciés par les chevaux.
Ceux-ci préfèrent des herbes plus rustiques comme la fétuque ou le
dactyle. Les légumineuses sont utilisées pour leur capacité à fixer
l'azote de l'air et à enrichir le sol en matières azotées.
Attention, elles sont peu consommées par les équidés, parfois
toxiques en grande quantité, et rapidement envahissantes. C'est
pourquoi elles doivent figurer en petite quantité dans le mélange de
semis. Beaucoup de mélanges sont possibles.
Un exemple parmi tant d'autres (quantité à
l'hectare) : Fétuque élevée 10 Kg, Ray-grass anglais 10 Kg, Dactyle
5 Kg, Trèfle blanc 2 Kg. Pour faire un choix définitif, il convient
de se renseigner auprès des agriculteurs et des coopératives de
votre région.
Sur cette prairie toute nouvelle, et afin de la
garder productive le plus longtemps possible, il faudra appliquer
les règles de repousse et de pâturage, et ne pas laisser les plantes
adventices faire leur nid, en traitant rapidement et à bon escient.
Une ligne de conduite à suivre afin de réaliser des économies
d'aliments...
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Les
chardons du genre Cirsium sont très envahissants. Ils se
reproduisent de proche en proche par leur réseau racinaire. il
faut traiter au pied par pied au cours de la montaison dès
l'apparition des premières plantes. |
Hypericum perfratum, ou Millepertuis, est une
plante à l'origine de photodermatoses. Elle se reconnaît
facilement aux multiples ponctuations visibles par
transparence sur ces feuilles.
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Références : Pierre Castillon
et col. : la fertilisation des prairies. Chambre d'agriculture
Midi-Pyrénées ~ Claude Gueydon : vers une meilleure fertilisation
des prairies. Chambre d'agriculture de la Loire ~ Pascal
Le Coeur : la conduite des prairies. Chambre d'agriculture du
Finistère ~ Olivier Peltier : renseignements de l'apport
d'amendement minéraux basiques sur prairies permanentes.
Agriculture Balthazard et Cotte, service agronomique, 03800 Gannat
~ Revue "Cheval Santé" n° 30.